La Boîte à Images - Production audiovisuelle - Clandestin

CLANDESTIN

La Boîte à Images - Production audiovisuelle - Clandestin

Crédits photos © Laurent Denis / Christophe Russeil - France 2

Résumé

Salif, un jeune Africain de 18 ans, est envoyé par ses parents à la recherche de son frère aîné vivant à Paris qui ne donne plus de nouvelles. S’il ne le retrouve pas, il devra se substituer à lui en travaillant afin de soutenir financièrement sa famille. Il a pour seul viatique, une photo de son frère, un cachet de la poste sur une enveloppe et la force de l’innocence…

Clandestin raconte le parcours initiatique de Salif, son arrivée clandestine en France et son immersion dans la capitale. Grâce à son énergie et à la promesse faite à sa famille, il surmonte les difficultés et s’adapte peu à peu à son nouvel univers…

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Fiche technique

GENRE

Drame

DURÉE

90 minutes

RÉALISATION

Arnaud BÉDOUET

SCÉNARIO

Arnaud BÉDOUET

PRODUCTION

La Boîte à Images – Mathilde MUFFANG

MUSIQUE ORIGINALE

Philippe MILLER

CASTING

Yann EBONGE (Salif)
Nassim BOUTELIS (Idriss)
Julie GAYET (Sophie)
Pascal NZONZI (Mohamed)
Aude KONAN (Leïla)

DISTRIBUTEUR INTERNATIONAL

Film & Picture

ANNÉE DE PRODUCTION

2009

DIFFUSEURS

France 2, TV5MONDE

ÉQUIPE TECHNIQUE

Directeur de la photographie / cadreur : Marc ROMANI
Chef opérateur du son : Jean-Paul GUIRADO
Chef monteuse : Jennifer AUGÉ
Directrice de casting : Tatiana VIALLE
Chef décorateur : Jimmy VANSTEENKISTE
Chef costumière : Fanny DROUIN
Directeur de production : Didier LANGLADE

Récompenses

FIPA D’ARGENT 2010
de la meilleure fiction

FIPA D’OR 2010
du meilleur scénario

FIPA D’OR 2010

de la meilleure musique originale

PRIX MICHEL MITRANI 2010
attribué à une première œuvre française

Prix TV IRIS 2010
Meilleur programme multiculturel

Compétition officielle
Catégorie « Made-for-TV-Movies »
BANFF WORLD MEDIA FESTIVAL 2011

Finaliste 2011
TROPHÉE DUO RÉALISATEUR-PRODUCTEUR de TÉLÉVISION
aux 18èmes TROPHÉES DU FILM FRANÇAIS

Mention COUP DE CŒUR

Extraits

Extrait 1

Extrait 2

Revue de presse

« Cette immersion en terre de clandestinité mêle avec une harmonieuse maîtrise drame et humour. (…) Portée par une distribution époustouflante, Arnaud Bédouet signe une fiction exigeante, en ce qu’elle répond à l’enjeu de tout créateur : parler de la société. »

TÉLÉRAMA

31 / 07 / 2010

« (Une) plongée sans fard dans la réalité de l’immigration qui fait penser à Ken Loach pour l’émotion tout en sobriété et cette façon d’approcher la détresse sans renoncer à l’humour ni au romanesque. Clandestin (…) fait partie de ces films qui font plus que reproduire le réel, ils le révèlent. »

LE NOUVEL OBS

03 / 07 / 2010

« Clandestin détaille clairement ce que les autorités politiques, ainsi qu’une grande partie de la presse, refusent de regarder en face. »

LES INROCKUPTIBLES

03 / 07 / 2010

« L’audace et l’engagement récompensés. »

20 MINUTES

01 / 02 / 2010

« Une superbe fiction réalisée par le comédien Arnaud Bédouet et très largement – et justement – récompensée (au FIPA ) »

LIBÉRATION

02 / 02 / 2010

« Clandestin frappe au cœur (…) Ce film produit par Mathilde Muffang (La Boîte à Images) respire la fraternité. En cette période, cela fait un bien fou. »

L'HUMANITÉ

01 / 07 / 2010

« Ni manichéen, ni misérabiliste, un conte initiatique à l’esthétisme poignant sur l’univers impitoyable des sans-papiers. »

TÉLÉ 7 JOURS

07 / 07 / 2010

« Un coup de maître pour Arnaud Bédouet (…) Un film sensible avec la volonté de lever les préjugés. Tourné à hauteur d’humain. »

L'HUMANITÉ

03 / 05 / 2010

« Un film intelligent et profondément humain. »

TÉLÉ 2 SEMAINES

03 / 07 / 2010

Note du Réalisateur

On n’échappe ni à sa naissance, ni à son enfance. Je suis né en France et j’ai grandi en Afrique. Sans doute Clandestin trouve-t-il son origine dans cette double appartenance, sans doute est-ce aussi à cause de cette dualité que ce film existe. Sans doute est-ce aux mêmes racines qu’est née « Kinkali », pièce jouée au Théâtre National de la Colline en 1998 et qui traitait, sur un fond politique, du destin d’expatriés français dans les anciennes colonies.

Comme un diptyque s’est imposé à moi le désir de traiter l’autre versant, celui de l’émigré. « Emigré, expatrié », deux adjectifs fort proches, et pourtant dans les faits tellement différents. Tandis que l’expatrié français met un pied affirmé dans un pays qui n’est plus le sien – tout en l’étant encore beaucoup – pour y gagner sa vie avec une forte chance d’y prospérer, l’émigré africain, lui, met un pied clandestin dans un pays qu’on dit avoir été le sien – bien qu’il ne le fût qu’à certaines occasions – qui s’avère de moins en moins accueillant, pour y gagner juste de quoi subsister sans aucune chance d’y prospérer. J’ai été un expatrié. Le malaise que l’instinct de l’enfance m’avait fait ressentir, la maturité de l’adulte me le jetait en pleine figure, à savoir : pourquoi suis-je ici, que suis-je censé faire dans ce pays, comment y vivre, comment franchir cette frontière qui me sépare de ces hommes et de ces femmes ?

De retour en France, à Paris exactement, je pensais retrouver une certaine sérénité. Et puis un jour, en insistant pour raccompagner une mère de famille africaine qui gardait mes enfants, une femme pourtant munie de papiers et déclarée, je la vis disparaître dans « un trou de souris » pratiqué dans les parpaings d’un immeuble aux ouvertures condamnées. Elle m’avait demandé de la laisser à quelques mètres de là, la honte sûrement.

Ma curiosité me montrait cette femme, obligée de se courber jusqu’au sol pour aller rejoindre une famille que je savais nombreuse, vivant dans une pièce sans air et sans lumière. Ce n’est pas que j’ignorais qu’une telle situation existe bien sûr, mais pour la première fois elle s’incarnait, elle portait un visage et un nom que je connaissais, la rendant tout à coup terriblement réelle. Clandestin est né de cette émotion. Ce monde désormais me concernait, il m’apparaissait chaque jour plus présent, plus lisible. Il suffisait simplement de le regarder, et non de le voir, comme je le faisais avant. Clandestin est ce regard porté sur la clandestinité et plus largement sur les émigrés africains, regard que j’ai voulu dénué de tout misérabilisme, de tout sentimentalisme ou autre onirisme.

Arnaud Bédouet

Note de la Productrice

Comme son nom l’indique, Clandestin parle des sans-papiers, thème a priori délicat, chargé de fantasmes et porteur de polémiques… Ici pourtant, nous avons voulu nous tenir à l’écart des jugements de valeur en restant sur le constat, en regardant vivre le jeune Salif. Résolument centré sur l’individu, le film ne raconte pas une histoire de clandestins, mais celle de CE jeune homme-là, unique et fragile, porteur d’une humanité irréductible et donc tellement universelle. Cette approche nous semble plus pertinente et plus forte qu’aucun discours militant, quel qu’il soit.

Clandestin donne à voir le parcours de Salif avec ses aspects positifs et ses aspects négatifs, comme la vie. On a peur, on a froid et on a faim avec Salif, mais aussi on rit et on est amoureux avec lui. Le film raconte une réalité âpre et violente, mais à travers le prisme de l’énergie bouillonnante d’un jeune homme de 18 ans.

Ce regard posé sur la réalité, s’exerce à double sens : nous qui regardons Salif et Salif qui nous regarde. Nous voulons faire du téléspectateur une petite souris qui observe sans être vue et découvre avec Clandestin une autre réalité, un monde parallèle aux multiples facettes qu’il ne connaît pas, fait tout à la fois de candeur et de débrouillardise, d’entraide et d’arnaque, tour à tour violent et cocasse…

Dans le même temps, Clandestin révèle aussi le point de vue inverse, à travers le regard décalé de Salif sur notre société qu’il découvre, dont il ignore les codes et qu’il observe avec la force de son innocence. Les clés de ce monde, aussi inquiétant que prometteur, vont lui être progressivement données par Idriss le débrouillard ou Mohamed le protecteur.

A nouveau le film appréhende une réalité complexe, qu’on ne saurait réduire à un seul aspect, puisque Salif expérimente le pire comme le meilleur ; il est tour à tour aidé ou exploité, compris ou rejeté… Au-delà du bien ou du mal, Clandestin cherche une voie sans manichéisme et pose des questions auxquelles le spectateur apportera lui-même les réponses. La fin s’inscrit dans un même esprit de réalisme, qui montre, qu’on le veuille ou non, que les flux migratoires ne sont pas prêts de s’éteindre, dans un monde où nombreux sont ceux qui risquent leur vie pour atteindre ce qu’ils pensent être l’Eldorado…

Sur le plan formel également, Clandestin privilégie le regard sur le discours. Comme Salif est privé de la parole au sens propre comme au figuré (le français n’est pas sa langue maternelle et son statut de clandestin ne lui donne pas voix au chapitre), le film adopte un ton et un mode de récit ancré davantage dans l’observation et le ressenti que dans le dialogue.

Mathilde Muffang

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